Libre accès aux résultats de la recherche

Note de la rédaction : le libre accès aux résultats de la recherche constitue une partie non négligeable des ressources numériques libres disponibles pour l’éducation, pour la recherche ou pour toute autre fin. Dans sa présentation, l’auteure définit le libre accès et indique les deux voies principales pour ce faire : la voie verte et la voie dorée. On retiendra que les avancées au Québec, pour être existantes n’en sont pas moins incomplètes. L’Adte souhaite que ses différentes publications, son colloque annuel et l’article ci-après informent davantage l’enseignement supérieur à propos des ressources numériques libres et incitent ses actrices et acteurs, quel que soit leur niveau de responsabilité, à [se] poser la question du libre dans leur établissement.

Présentation :

Libre accès aux résultats de la recherche

Cf. aussi de la même auteure : Libre accès immédiat et libre accès différé : impact sur la consultation des articles

par Sarah Cameron-Pesant
Analyste en gestion de l’information numérique

Yoshua Bengio, un chercheur reconnu

Yoshua Bengio, prix Turing, prix Killam

Yoshua Bengio s’était vu décerner récemment le prix Turing d’informatique et vient de recevoir le prix Killam qui reconnait le travail de chercheurs académiques au Canada.

Les paragraphes qui suivent sont des citations de Yoshua Bengio, traduites en français pour l’Adte, tirées de l’article de T’Cha Dunlevy: Université de Montréal prof wins $100 K Killam Prize, paru dans le journal The Gazette, le vendredi 26 avril 2019.

« C’est vraiment important qu’au Canada soient reconnues les personnes qui contribuent de façon marquante à notre société parce que les humains sont toujours motivés par ce genre de choses, pas seulement par l’argent. On se sent bien de faire quelque chose de plus grand que soi-même. »

« On doit remercier les gouvernements qui ont continué à investir dans la recherche basée sur la curiosité. »

« Plus d’étudiantes et d’étudiants choisissent l’intelligence artificielle parce que ce domaine de recherche est en vue et aussi en fonction du fait que cela contribue à changer le monde. »

Le prix Killam est un des prix les plus prestigieux pour les universitaires. Yoshua Bengio est fondateur et directeur scientifique du Montreal Institute for Learning Algorithms (MILA), qui dépend de l’Université de Montréal et de l’Université McGill. Son domaine de prédilection: l’apprentissage profond n’a pas toujours été populaire. Il faut dire que les immenses moyens informatiques nécessaires n’existaient pas encore quand il a lancé ses recherches avec son équipe.

Yoshua Bengio sera la conférencier principal, lors du Colloque de l’Adte qui aura lieu le 4 juin 2019 à l’Université Laval. Consulter le programme. S’inscrire.

Les citations sont de Yoshua Bengio

traduction par Pierre Cohen-Bacrie
Vice-président de l’Adte

Science ouverte à Montréal

L’enjeu principal du concept de « science ouverte » est une intéressante avancée de la connaissance, en lien avec la recherche scientifique, ses données, le développement de l’informatique, la prise de conscience des immenses capacités de partage de l’Internet (géométriquement proportionnelles au progrès technique) et l’engagement de nombre de scientifiques, des moins connus aux plus prestigieux.

Dans le domaine de l’intelligence artificielle

Dans le domaine de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage profond, Yoshua Bengio, fondateur et directeur scientifique du Montreal Institute for Learning Algorithms (MILA, institut de l’Université de Montréal et de l’Université McGill), prix Turing et prix Killam, qui donnera une conférence au colloque de l’Adte de juin 2019, en est un.

Dans le domaine des neurosciences

Dans le domaine des neurosciences, Guy Rouleau, directeur de l’Institut et hôpital neurologiques de l’Université McGill, est à l’origine, avec son équipe et avec la Fondation familiale Larry et Judith Tanenbaum, d’une initiative de partage des connaissances scientifiques assez complète, dont il a fait mention au colloque de l’Adte de mai 2018.

Annabel Seyller est présidente directrice générale de l’Institut de science ouverte
Tanenbaum
, situé à l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal, à l’Université McGill. Elle accordait, le 15 novembre 2018, une entrevue radiophonique à CL’Hebdo. La transcription qui suit a été réalisée par l’Adte. L’entrevue, peut aussi être écoutée à partir de la minute 13.

Pierre Cohen-Bacrie
Vice-président de l’Adte

Entrevue d’Annabel Seyller

Annabel Seyller, PDG de l’Institut de science ouverte Tanenbaum

CL’Hebdo [CLH] : On connaît le principe des données ouvertes, partage de données rendues publiques, qui sont librement accessibles et réutilisables. Vous développez la science ouverte. Est-ce que cela a un lien avec les données ouvertes?

Annabel Seyller [AS] : Le concept de science ouverte est un concept extrêmement large, qui inclut des données ouvertes. Le concept de science ouverte a pris son essor au cours des dernières années et suscite un engouement au niveau international, Au départ, la science ouverte consistait surtout à partager les données associées à des publications scientifiques également ouvertes. L’Institut neurologique de Montréal a décidé, il y a deux ans maintenant [grâce à la donation de la fondation Tanenbaum], de prendre une position un peu plus pionnière en ajoutant à la composante de données ouvertes et de publication ouvertes des notions de bio-banque ouverte, de découverte et de développement du médicament ouverts, et une notion de propriété intellectuelle compatible avec cette philosophie de partage.

  • CHL : Le libre accès à l’information ouvre tous les avantages de la collaboration, de la mutualisation de l’information, mais la science répond aussi au principe du bien commun, principe parfois défendu de manière très ferme par la communauté scientifique. En ce qui a trait au domaine public, la logique est claire, mais comment peut-on inscrire le domaine privé dans la science ouverte?
  • AS : Je pense que c’est compatible. Pour nous, à l’Institut neurologique de Montréal, cela répond à une frustration et à une urgence d’agir. L’implantation de la science ouverte et des outils de la science ouverte est pour nous un accélérateur de mission. Dans le domaine des neurosciences, l’Institut neurologique de Montréal, qui est aussi un hôpital (appelé communément le Neuro),a à la fois une mission académique de développement des connaissances, de recherche et de formation, de par son affiliation à l’Université McGill, et une mission de pratique, de soins et d’accompagnement de patients au quotidien, d’où son affiliation également au Centre universitaire de santé McGill. C’est cette double affiliation et cette double mission qui font de notre Institut et de notre Hôpital une organisation intégrée qui offre un continuum d’activités et de services, depuis le laboratoire du chercheur jusqu’au chevet du patient. Accélérer la recherche pour le bénéfice du patient est un principe fondateur du Neuro, créé en 1934 par le docteur Penfield; il s,agit de développer les connaissances mais aussi de développer de meilleures pratiques et des traitements pour les patients. Les principales maladies neurologiques sont la SLA, la sclérose latérale amyotrophique (plus communément appelés la maladie de Lou Guering), la maladie de Parkinson ou la sclérose en plaques. Dans le cas de la maladie de Parkinson, elle est connue depuis plus de deux cents ans, sans qu’on ait, à l’heure actuelle, une option de traitement. Malgré le fait que l’on soit à l’ère du Big Data, que l’on ait un potentiel extraordinaire de collaboration grâce à l’intelligence artificielle, que des investissements majeurs soient faits en recherche dans ce domaine, on n’arrive toujours pas à développer des traitements, soit pour ralentir la progression de ces maladies ou pour complètement les éradiquer. Il y a donc un sentiment de frustration et d’urgence d’agir, dont le directeur du Neuro, le docteur Guy Rouleau, est bien conscient. puisqu’il est en contact lui-même avec les patients. C’est pourquoi le Neuro est le premier Institut au monde à avoir une politique de science ouverte. Nous encourageons donc non seulement le partage des données et des publications, mais nous créons une bio-banque d’échantillons de patients (sang, urine, tissu musculaire, liquide céphalo-rachidien), en entrant une granularité d’information pour chacun des patients, une traçabilité, en ajoutant à ces échantillons des données cliniques, d’imagerie, de génétique, d’études comportementales, pour arriver à ce qu’on appelle en anglais du Deep Phenotyping, à catégoriser extrêmement bien incertaine cohortes de patients en lien avec certaines pathologies. Ceci a une grande importance pour faciliter la recherche scientifique.
  • CLH : N’y a-t-il pas un blocage dû aux considérations éthiques, de normes, aux considérations de type légal ?
  • AS : Ces considérations sont importantes, mais elles n’ont pas constitué un frein à notre initiative. Nous avons mis en place, en prenant le temps nécessaire, un cadre éthique et différents formulaires de consentement du patient. Ce qui a aidé à ne pas ressentir de blocage, c’est le fait que les patients ressentent aussi cette frustration du manque de traitement et sont partenaires dans l’initiative. Certains patients ont le désir de s’impliquer et sont altruistes. Le diagnostic de SLA (ALS en anglais) prévoit généralement une évolution de trois à cinq ans avant une issue fatale. Ces patients se doutent que l’application éventuelle de découvertes facilitées par la bio-banque ne sera probablement pas pour eux, mais pour les générations à venir. Et ils sont nombreux à participer.
  • CLH : Merci. Au delà des patients eux-mêmes, la science ouverte implique-t-elle une participation citoyenne ?
  • As : Les patients sont des parties prenantes très importantes dans la science ouverte au Neuro. Il y a interaction avec les patients et avec différentes communautés. De plus, l’application de ces principes de science ouverte au Neuro est aussi une expérience sociale, car nous canetons d’opérer un changement de culture. La recherche scientifique est encore un milieu qui promeut la protection des données, qui n’encourage pas toujours une grande collaboration, parce que c’est un milieu compétitif qui croit malheureusement que la propriété intellectuelle est utile ; d’où le système de publication dans les meilleurs journaux, assurant ainsi la promotion de carrière. Nous cherchons donc des mécanismes pour reconnaître au niveau universitaire la contribution de chacun de nos chercheurs et de nos étudiants à la pratique des sciences ouvertes. La nouvelle génération de chercheurs qui arrive au Neuro est attirée par le partage et par la collaboration inhérents à la science ouverte.
  • CLH : Cet automne, on a vu émerger dans le monde de la recherche une sorte de révolte contre des éditeurs scientifiques ou contre des revues prestigieuses. En cause, des pratiques monopolistiques avec des hausses tarifaires inacceptables pour les établissements universitaires, mais aussi une forme de privatisation des données de recherche, en particulier en intelligence artificielle. Est-ce que la science participative serait la science de demain ?
  • AS : Oui. Ce que nous sommes en train de faire au Neuro soulève un engouement au niveau international et on sent que ce que nous bâtissons dans le domaine des neurosciences résonne dans d’autres disciplines. La publication scientifique est une pièce majeure de l’écosystème et n’est pas actuellement propice au partage des données. Pour trouver des modalités différentes et les appliquer, cela prend du temps. Nous avons développé une collaboration avec Faculty of the Thousand, un éditeur de Londres qui a bâti une plateforme de publication ouverte pour les besoins du Neuro. Cette plateforme s’appelle MNI Open Research. C’est un site web qui a actuellement en ligne et permet à nos chercheurs de publier leurs données rapidement et de les rendre accessibles. Cela permet aussi une revue par certains arbitres ou commentateurs externes qui est, elle aussi, ouverte. La transparence du processus est totale. Enfin, la science ouverte permet de profiter du Negative Data, autrement dit, une expérience dont le résultat n’est pas celui escompté a tout de même de la valeur. Il faut la partager pour éviter la duplication des efforts et pour avoir (ce qui compte pour les citoyens) une meilleure utilisation des fonds publics consacrés à la recherche.

Annabel Seyller
PDG de l’Institut de science ouverte Tanenbaum

Retranscription : Pierre Cohen-Bacrie

GLPI, gestion libre de parc informatique

GLPI ou Gestion libre de parc informatique est un logiciel libre utilisé dans nombre d’établissements d’enseignement supérieur ainsi que dans plusieurs grandes entreprises.

GLPI est utilisé au Cégep Garneau depuis plusieurs années. Les trois principales fonctions que nous exploitons sont la gestion des incidents et demandes (y compris le suivi des tickets d’assistance client), l’inventaire du matériel et la gestion de réservation de matériels.

Inventaire du matériel

L’inventaire du matériel comprend le nombre de postes informatiques utilisés au niveau administratif ou pédagogique, les locaux, les groupes assignés, l’utilisateur principal, les imprimantes, les moniteurs, même l’affectation des ordinateurs portables.

Il y a aussi une fonction de gestion des prêts et réservations, assez modeste mais somme toute intéressante.

Gestion des incidents et demandes

GLPI permet la gestion des problèmes par le biais de la création de tickets, la gestion des tickets, l’assignation et la planification des tickets, etc.

Le système de communication par courriel lié à GLPI est pratique : un courriel envoyé par GLPI sert d’accusé de réception d’une demande ou de la déclaration d’un incident. Dès que le billet est associé à un technicien, un deuxième courriel est envoyé par GLPI au demandeur pour lui signifier qui s’occupe de sa demande.  À la clôture, un courriel est également envoyé à l’utilisateur.

GLPI peut aussi envoyer par courriel les suivis documentés par le technicien ou l’utilisateur. Malheureusement, les suivis de type «privé», laissé par le technicien, sont également envoyés à l’utilisateur.  Cela nous empêche d’utiliser cette fonction pour le moment.

Ce dernier point mériterait un certain travail pour améliorer le code source afin que le système s’occupe aussi de ce type de courriels tout en bloquant les suivis de type «privé».

À la clôture, un courriel d’évaluation peut être envoyé par GLPI afin d’évaluer le taux de satisfaction.

Il y a aussi de disponible dans le système un historique des demandes et interventions, avec les observations du technicien. Ceci constitue une base de connaissances utile.

Enfin GLPI fournit des rapports en format CSV, par exemple. Ces rapports permettent, du point de vue des incidents et demandes, d’améliorer le service et, du point de vue de l’inventaire du matériel, de planifier le renouvellement périodique du matériel.

Dans l’ensemble, GLPI donne satisfaction, sans être parfait  et nous l’apprécions grandement. La seule difficulté est celle de configurer le suivi de certains courriels, comme on l’a vu, mais c’est aussi un avantage du logiciel libre que de pouvoir faire appel à la collaboration pour améliorer le code source à ce niveau.

Tutoriel

Déclarer un ticket et le suivre avec GLPI

Liens utiles


R
ichard Raymond
Coordonnateur à la Direction des technologies de l’information
Cégep Garneau

PSPP : un outil libre qui remplace SPSS

Au Collège Jean-de-Brébeuf, le logiciel de statistiques PSPP a été choisi comme logiciel de remplacement du logiciel propriétaire SPSS d’IBM.

Ce logiciel sera enseigné dans le programme TIC du Collège et servira d’outil de travail pour des analyses statistiques requises dans le cours Méthodes quantitatives du programme de Sciences humaines.

PSPP est un logiciel de statistiques utilisé pour l’analyse d’échantillons. C’est un logiciel libre, maintenu par le projet GNU, et distribué selon les termes de la licence publique générale GNU.

« Il comprend une interface graphique similaire au logiciel SPSS, en plus d’une interface en ligne de commande. Le langage utilisé par PSPP a pour but la complète compatibilité avec SPSS. », selon Wikipédia.

Il n’y a aucun doute sur l’interface qui s’apparente véritablement à celle de SPSS et le logiciel PSPP propose toutes les fonctionnalités et fonctions statistiques nécessaires à des analyses complexes. Ce logiciel libre convient parfaitement aux besoins des étudiants du Collège Brébeuf et très certainement aux besoins de la grande majorité des étudiants qui effectuent des études supérieures; tant dans les collèges que dans les universités.

Au besoin, les étudiants de niveau universitaire qui désirent effectuer des analyses sur des données croisées pourront ensuite plus facilement s’adapter au logiciel R, un autre logiciel libre qui commence à prendre place dans les universités, mais qui est selon moi plus un outil de production qui s’adresse à des spécialistes.

Le logiciel PSPP qui nécessitait autrefois l’installation sur un serveur est maintenant disponible en plusieurs langues et ce pour différents environnements. Vous trouverez plus d’information sur le site GNU à l’adresse https://www.gnu.org/software/pspp/.

Ce logiciel est une alternative très intéressante pour les établissements collégiaux québécois qui préfèrent, de plus en plus, utiliser le logiciel libre et qui ont de moins en moins de budget pour acheter les licences de tous les logiciels non libres aux fins d’enseignement. Il en est de même pour les étudiants qui peuvent librement et sans frais installer PSPP pour faire leurs travaux sur leur propre ordinateur tournant sous Windows, Linux ou Mac OS X.

Jean Allard
Professeur d’informatique au Collège Jean-de-Brébeuf

Vers une informatique éthique

Vers une informatique éthique

Le logiciel « open source » a gagné, oui mais…

Photo Yann Doublet

Les « libristes »1 se rendent progressivement compte que bien des combats qu’ils ont livrés étaient une cause perdue d’avance car ils sous-estimaient les conséquences de la complexité des logiciels. Quels que soient les bienfaits des logiciels libres, les utiliser exige une compétence et un entretien continu qui ne sont pas envisageables pour la grande majorité des individus ou organisations2.

Richard Stallman a fait prendre conscience de la nécessité de contrôler les programmes pour garantir notre liberté. La dimension éthique était importante : il parlait du bon et du mauvais logiciel. L’importance de ce contrôle a été mise en évidence par Lawrence Lessig avec son « Code is law »3. La nature immatérielle et non rivale du logiciel faisait que les libristes le considéraient naturellement comme un bien commun. Il leur semblait évident qu’il devait être partagé. Comme on vivait alors dans un monde où les ordinateurs étaient autonomes, la licence GPL avec ses libertés offrait un socle satisfaisant sur lequel les libristes s’appuyaient.

J’ai depuis plus de 20 ans enseigné et milité pour le logiciel libre que j’utilise quotidiennement. Comme tout bon libriste convaincu, j’ai présenté les quatre libertés de la GPL, et je reconnais que je n’ai pas convaincu grand monde avec ce discours. Qu’il faille garder contrôle sur le logiciel, parfait ! Les gens comprennent, mais la solution GPL ne les concerne pas parce que ce n’est absolument pas dans leur intention d’installer, étudier, modifier ou distribuer du logiciel. Relisez les licences et vous conviendrez qu’elles sont rédigées du point de vue des producteurs de logiciels plus que des utilisateurs qui n’envisagent pas d’en produire eux-mêmes.

Mais un objet technique et complexe, c’est naturellement l’affaire des professionnels et de l’industrie. Pour eux, la morale ou l’éthique n’est pas une préoccupation première, ce sont des techniciens et des marchands qui font marcher l’économie dans leur intérêt. Par contre, la liberté du partage du code pour des raisons d’efficacité (qualité et coût) les concerne. Ils se sont alors débarrassés de la dimension éthique en créant le modèle open source4. Et ça a marché rondement au point que ce modèle a gagné la bataille du logiciel. Les cinq plus grandes entreprises au monde selon leurs capitalisations boursières, les GAFAM, reposent sur ce modèle. Microsoft n’est plus le démon privatif à abattre, mais est devenu un acteur du libre. Enlevez le code libre et plus de Web, plus de courrier électronique, plus de réseaux sociaux comme Facebook, plus de service Google ou Amazon, ou de téléphone Apple ou Android. Conclusion : le logiciel libre a gagné face au logiciel propriétaire, c’est une question de temps pour que la question ne se pose plus.

Oui, mais voilà, c’est du logiciel libre débarrassé de toute évidence de sa dimension éthique, ce qui fait que du point de vue de l’utilisateur qui dépend d’un prestataire, le logiciel libre n’apporte rien. En effet, les prestataires de services, comme les réseaux sociaux ou les plates-formes de diffusion, ne distribuent pas de logiciel, ils en utilisent et donc échappent tout à fait légalement aux contraintes éthiques associées aux licences libres. Ce qui importe aux utilisateurs ce ne sont pas les logiciels en tant qu’objets, mais le service qu’ils rendent qui, lui, n’est pas couvert par les licences de logiciel libre. Circonstance aggravante, la gratuité apparente de bien des services de logiciel anesthésie leurs utilisateurs face aux conséquences de leur perte de liberté et de l’appropriation de leurs données et comportements (méta données) souvent à leur insu5.

Pourtant, aujourd’hui, nous ne pouvons plus nous passer de logiciel, tout comme nous ne pouvons pas nous passer de manger. Le logiciel libre c’est un peu comme le « bio » : de plus en plus de personnes veulent manger bio, tout simplement parce que c’est bon pour soi (ne pas s’empoisonner), bon pour la planète (la préserver de certaines pollutions) ou aussi parce que cela permet d’évoluer vers une économie plus humaine à laquelle on aspire (économie de proximité). Le « bio » est récent, mais en pleine expansion, il y a de plus en plus de producteurs, de marchands, et nos gouvernements s’en préoccupent par des lois, des règlements, des certifications ou la fiscalité. Ainsi le « bio » ce n’est pas seulement un produit, mais un écosystème complexe qui repose sur des valeurs : si le bio s’était limité à des « écolos » pour auto-consommation, on n’en parlerait pas. Eh bien le logiciel c’est comme le bio, ce n’est pas seulement un produit mais aussi un écosystème complexe qui concerne chacun de nous et la société avec tous ses acteurs.

Dans l’écosystème logiciel, les éditeurs et les prestataires de service qui produisent et opèrent le logiciel, ont compris que le logiciel libre (au sens open source) est bon pour eux et s’en servent, car ils le contrôlent. Par contre il n’en va pas de même pour ceux qui ne contrôlent pas directement le logiciel. La licence du logiciel ne suffit pas à leur donner contrôle. Mais alors que faire pour s’assurer que le service rendu par le logiciel via un prestataire soit bon pour nous, les divers utilisateurs dans cet écosystème numérique complexe ?

Je vais ici commenter la dimension éthique de deux projets de nature informatique qui s’appuient sur du logiciel libre sur lesquels je travaille actuellement en tentant d’intégrer ma réflexion de militant, d’universitaire et de praticien. PIAFS concerne les individus et donc le respect de nos vies privées pour des données sensibles, celles de notre santé dans un contexte de partage limité, la famille. REA vise à garantir à une organisation le contrôle de son informatisation dans le cadre d’une relation contractuelle de nature coopérative.

Deux cas qui ont alimenté ma réflexion

PIAFS : Partage des Informations Avec la Famille en Santé

PIAFS est projet qui répond à un besoin non satisfait : un serveur privé pour partager des données de santé au sein d’une unité familiale à des fins d’entr’aide (http://piafs.org/). Cette idée, dans un premier temps, a débouché sur un projet de recherche universitaire pour en valider et préciser la nature. Pour cela il nous fallait un prototype.

Au-delà de la satisfaction d’un besoin réel, je cherchais en tant que libriste comment promouvoir le logiciel libre. Je constatais que mes proches n’étaient pas prêts à renoncer à leurs réseaux sociaux même si je leur en montrais les conséquences. Il fallait éviter une première grande difficulté : changer leurs habitudes. J’avais là une opportunité : mes proches, comme beaucoup de monde, n’avaient pas encore osé organiser leurs données de santé dans leur réseau social.

Si ce projet avait dès le départ une dimension éthique, il n’était pas question de confier ces données sensibles à un réseau social. J’étais dès le départ confronté à une dimension pratique au-delà de la disponibilité du logiciel. De plus, pour les utilisateurs de PIAFS, l’auto-hébergement n’est pas une solution envisageable. Il fallait recourir à un fournisseur car un tel service doit être assuré d’une manière responsable et pérenne. Même si l’on s’appuyait sur des coopératives de santé pour explorer le concept, il est rapidement apparu qu’il fallait recourir à un service professionnel classique dont il faut alors assumer les coûts6. Il fallait transposer les garanties apportées par le logiciel libre au fournisseur de service : l’idée de charte que l’on voyait émerger depuis quelques années semblait la bonne approche pour garantir une informatique éthique, et en même temps leur faire comprendre qu’ils devaient eux-mêmes assurer les coûts du service.

REA : Pour donner au client le contrôle de son informatisation

J’ai enseigné la conception des systèmes d’information dans l’université pendant près de 40 ans (à Aix-en-Provence puis à Québec), et eu l’occasion de travailler dans des dizaines de projets. J’ai eu connaissance de nombreux dérapages de coût ou de calendrier et j’ai étudié la plupart des méthodologies qui tentent d’y remédier. J’ai aussi appris qu’une des stratégies commerciales de l’industrie informatique (ils ne sont pas les seuls !) est la création de situations de rente pas toujours à l’avantage du client. Dans tout cela je n’ai pas rencontré grande préoccupation éthique.

J’ai eu, dès le début de ma carrière de professeur en systèmes d’information (1971), la chance d’assister, sinon participer, à la formalisation de la vision de Jean-Louis Le Moigne7 : un système d’information consiste à capturer, organiser et conserver puis distribuer et parfois traiter les informations créées par l’organisation. Cette vision s’opposait aux méthodologies naissantes de l’analyse structurée issues de la programmation structurée. Elle établissait que l’activité de programmation devait être précédée par une compréhension du fonctionnement de l’organisation à partir de ses processus. L’approche qui consiste à choisir une « solution informatique » sans vraiment repenser le problème est encore largement dominante. J’ai ainsi été conduit à développer, enseigner et pratiquer une approche dite à partir des données qui s’appuie sur la réalisation précoce de prototypes fonctionnels afin de limiter les dérapages coûteux (je l’appelle maintenant REA pour Référentiel d’Entreprise Actif, le code de REA est bien sûr libre).

Mon but est, dans ma perspective libriste, de redonner le contrôle au client dans la relation client-fournisseur de services d’intégration. Si ce contrôle leur échappe trop souvent du fait de leur incompétence technique, il n’en reste pas moins que ce sont eux qui subissent les conséquences des systèmes informatiques « mal foutus ». Là encore le logiciel libre ne suffit pas à garantir le respect du client et le besoin d’une charte pour une informatique éthique s’impose8 .

Photo EOI (CC-BY-SA 2.0)

Vers une charte de l’informatique libre, c’est-à-dire bonne pour l’écosystème numérique

Dans les deux cas, si l’on a les ressources et la compétence pour se débrouiller seul, les licences libres comme la GPL ou une licence Creative Commons pour la méthodologie garantissent une informatique éthique (respect de l’utilisateur, contribution à un bien commun). S’il faut recourir à un hébergeur ou un intégrateur, les garanties dépendent de l’entente contractuelle entre le client-utilisateur et le fournisseur.

Il y a une différence fondamentale entre le logiciel et le service. Le logiciel est non rival, il ne s’épuise pas à l’usage, car il peut être reproduit sans perte pour l’original, alors que le service rendu est à consommation unique. Le logiciel relève de l’abondance alors que le service relève de la rareté qui est le fondement de l’économie qui nous domine, c’est la rareté qui fait le prix. Le logiciel peut être mis en commun et partagé alors que le service ne le peut pas. L’économie d’échelle n’enlève pas le caractère rival du service. Et c’est là que la réalité nous rattrape : la mise en commun du logiciel est bonne pour nous tous, mais cela n’a pas de sens pour le service car aucun fournisseur ne rendra ce service gratuitement hormis le pur bénévolat.

Des propositions balisant un comportement éthique existent, en voici quelques exemples :

  • dans Le Manifeste pour le développement Agile de logiciels, des informaticiens ont proposé une démarche dite agile qui repose sur 4 valeurs et 12 principes. Sans être explicitement une charte éthique, la démarche est clairement définie dans l’optique du respect du client. Ce manifeste est utile dans le cas REA ;
  • la charte du collectif du mouvement CHATONS concerne les individus, elle est pensée dans un contexte d’économie sociale et solidaire, elle est inspirante pour le cas PIAFS ;
  • la charte de Framasoft définit un internet éthique, elle est inspirante pour le cas PIAFS mais aussi pour la définition d’un cadre global ;
  • dernièrement sous forme de lettre ouverte, un collectif issu du Techfestival de Copenhague propose une pratique éthique, utile pour les deux cas et qui permet de réfléchir au cadre global.

Les libristes, mais dieu merci ils ne sont pas les seuls, ont une bonne idée des valeurs qui président à une informatique éthique, bonne pour eux, à laquelle ils aspirent lorsqu’ils utilisent les services d’un fournisseur. Les exigences éthiques ne sont cependant pas les mêmes dans les deux cas car l’un concerne un service qui n’inclut pas de développement informatique spécifique et l’autre implique une activité de développement significative (dans le tableau ci-dessous seuls des critères concernant l’éthique sont proposés) :

Critères pour le client Dans le cas de PIAFS Dans le cas d’un projet REA
Respect de leur propriété Les données qu’ils produisent leur appartiennent, ce n’est pas négociable Tout document produit (analyse, …) est propriété du client
Respect de leur identité Essentiel Le client doit contrôler la feuille de route, ce sont ses besoins que l’on doit satisfaire par ceux du fournisseur
Respect de leur indépendance vis à vis du fournisseur Important, préside au choix des logiciels et des formats Critique : mais difficile à satisfaire.
Proximité du service : favoriser l’économie locale et protection contre les monopoles Important Important
Pérennité du service Important, mais peut être tempéré par la facilité du changement Essentiel : le changement est difficile et coûteux, mais la « prise en otage » est pire
Payer le juste prix Important Important
Partage équitable des risques Risque faible Essentiel car le risque est élevé
Mise en réseau Essentiel : la connexion « sociale » est impérative mais dans le respect des autres valeurs Plus aucune organisation vit en autarcie
Contribution (concerne le fournisseur) Non discutable, obligatoire Important mais aménageable

Entente sur le logiciel

Le client, individu ou organisation, doit avoir l’assurance que les logiciels utilisés par le fournisseur de services font bien et seulement ce qu’ils doivent faire. Comme il n’a pas la connaissance requise pour cette expertise, il doit faire confiance au fournisseur. Or, parce que celui-ci n’offre pas toute la garantie requise (volonté et capacité de sa part), il faut, dans cette situation, recourir à un tiers de confiance. Cette expertise externe par un tiers de confiance est très problématique. Il faut d’une part que le fournisseur donne accès aux logiciels et d’autre part trouver un expert externe qui accepte d’étudier les logiciels, autrement dit résoudre la quadrature du cercle !

Le logiciel libre permet de la résoudre. Il est accessible puisqu’il est public, il est produit par une communauté qui a les qualités requises pour jouer ce rôle de tiers de confiance. Ainsi, pour une informatique éthique :

  • tout logiciel utilisé par le fournisseur doit être public, couvert par une licence libre, ce qui le conduit à ne pas redévelopper un code existant ou le moins possible,
  • s’il est amené à produire du nouveau code,
    • le fournisseur doit le rendre libre. C’est à l’avantage de la société mais aussi du client dans un contexte de partage et de protection contre les situations de rente qui le tiennent en otage,
    • ou du moins le rendre accessible au client,
  • garantir que seul le code montré est utilisé,
  • utiliser des formats de données et documents libres.

L’éthique est complexe, il est difficile sinon impossible d’anticiper tous les cas. L’exigence de logiciel libre peut être adaptée à des situations particulières, par exemple si le prestataire est engagé pour un logiciel que le client ne désire pas partager il en prend alors la responsabilité, ou si la nécessité de poursuivre l’utilisation de logiciels non libres est non contournable temporairement.

Entente sur le bien ou service

Le critère du coût est propre au service. Dans une approche éthique le juste coût n’est pas la résultante du jeu de l’offre et de la demande, ni d’un jeu de négociation basé sur des secrets, et encore moins le résultat d’une rente de situation. Il s’agit pour le fournisseur de couvrir ses coûts et de rentabiliser son investissement (matériel, formation…). Une approche éthique impose  de la transparence, le client  :

  • doit savoir ce qu’il paye,
  • doit avoir la garantie que le contrat couvre tous les frais pour l’ensemble du service (pas de surprise à venir),
  • doit être capable d’estimer la valeur de ce qu’il paye,
  • doit connaître les coûts de retrait du service et en estimer les conséquences.

Le partage équitable du risque concerne essentiellement les projets d’informatisation avec un intégrateur. Il est rare que l’on puisse estimer correctement l’ampleur d’un projet avant de l’avoir au moins partiellement réalisé. Une part du risque provient de l’organisation et de son environnement, une autre part du risque provient des capacités du fournisseur et de ses outils. Ceci a un impact sur le découpage du projet, chaque étape permet d’estimer les suivantes :

  • tout travail réalisé par le fournisseur contributif au projet :
    • doit être payé,
    • appartient au client,
    • doit pouvoir être utilisé indépendamment du fournisseur.
  • le travail dont le volume est dépendant du client est facturé au temps,
  • le travail sous le contrôle du fournisseur doit si possible être facturé sur une base forfaitaire,
  • le client est maître de la feuille de route,
  • tout travail entamé par le fournisseur doit être compris et accepté par le client,
  • la relation entre le client et le fournisseur est de nature collaborative, le client participe au projet qui évolue au cours de la réalisation à la différence d’une relation contractuelle dans laquelle le client commande puis le fournisseur livre ce qui est commandé.

Conclusion : l’informatique éthique est possible

Pour tous les utilisateurs de l’informatique, c’est à dire pratiquement tout le monde et toutes les organisations de notre société numérique, il est aussi difficile de nier l’intérêt d’une informatique éthique que de rejeter le « bio », mais encore faut-il en être conscient. Le débat au sein des producteurs de logiciels reste difficile à comprendre. Ce qui est bon pour un libriste c’est un logiciel qui avant tout le respecte, alors que pour les autres informaticiens, c’est à dire la grande majorité, c’est un logiciel qui ne bogue pas. Fait aggravant : la vérité des coûts nous est cachée. Cependant au-delà de cette différence philosophique, l’intérêt du logiciel partagé est tel qu’un immense patrimoine de logiciel libre ou open source est disponible. Ce patrimoine est le socle sur lequel une informatique éthique est possible. Les deux cas présentés nous montent que les conditions existent dès maintenant.

Une informatique éthique est possible, mais elle ne sera que si nous l’exigeons. Les géants du Net sont de véritables états souverains devant lesquels même nos états baissent pavillon. La route est longue, chaotique et pleine de surprises, comme elle l’a été depuis la naissance de l’ordinateur, mais un fait est acquis, elle doit reposer sur le logiciel libre.

Le chemin se fait en marchant, comme l’écrivait le poète Antonio Machado, et c’est à nous libristes de nous donner la main et de la tendre aux autres. Ce ne sera pas facile car il faudra mettre la main à la poche et la bataille est politique. Il nous faut exiger, inspirés par le mouvement « bio », un label informatique éthique et pourquoi pas un forum mondial de l’écosystème numérique. La piste est tracée (à l’instar de la Quadrature du Net), à nous de l’emprunter.

Daniel Pascot
professeur retraité
Université Laval


Notes

  1. J’ai utilisé ce mot de libriste pour rendre compte de la dimension militante et à certains égards repliée sur elle-même, qu’on leur reproche souvent à raison.
  2. Voir sur ce point le blog NullPointerException, « Que faut-il pour XXX ? Du logiciel libre ! Non, une gouvernance éthique », 21/02/2017.
  3. Dans un article paru en 2000, Lawrence Lessig -auquel on doit les licences Creative Commons- a clairement mis en lumière que l’usage d’internet (et donc des logiciels) nous contraint, tout comme nous sommes contraint par les lois. Il nous y a alerté sur les conséquences relatives à notre vie privée. Voir la traduction française sur Framablog « Le code fait loi – De la liberté dans le cyberespace » (publié le 22/05/2010),
  4. Dans l’optique open source, un bon logiciel est un logiciel qui n’a pas de bogue. Dans l’optique logiciel libre, un bon logiciel est un logiciel éthique qui respecte son utilisateur et contribue au patrimoine commun. Dans les deux cas il est question d’accès au code source mais pour des raisons différentes, ce qui au plan des licences peut sembler des nuances : « Né en 1998 d’une scission de la communauté du logiciel libre (communauté d’utilisateurs et de développeurs) afin de conduire une politique jugée plus adaptée aux réalités économiques et techniques, le mouvement open source défend la liberté d’accéder aux sources des programmes qu’ils utilisent, afin d’aboutir à une économie du logiciel dépendant de la seule vente de prestations et non plus de celle de licences d’utilisation  ». Voir la page Wikipédia, « Open Source Initiative ». 
  5. Voir par exemple Tristan Nitot, « Surveillance:// Les libertés au défi du numérique : comprendre et agir », C&F éditions, 2016. L’interview de T. Nitot sur le Framablog. Le site « Social Cooling » (« Les données conduisent au refroidissement social »).
  6. La question de recourir à une organisation de l’économie sociale et solidaire s’est posée et ce n’est pas exclu.Cela n’a pas été retenu pour des raisons pratiques et aussi parce que la démarche visait à promouvoir une informatique éthique de la part des fournisseurs traditionnels locaux.
  7. Avant d’être connu comme un constructiviste Jean-Louis Le Moigne, alors professeur à l’IAE d’Aix-en-Provence, créait un enseignement de systèmes d’information organisationnels et lançait avec Huber Tardieu la recherche qui a conduit à la méthode Merise à laquelle j’ai participé car j’étais alors assistant dans sa petite équipe universitaire et il a été mon directeur de doctorat.
  8. Cela se dégage par exemple de la thèse de Balla Diop que j’ai dirigée. Il a comparé des implantations de ERP libres et propriétaires : du point de vue du client hormis les coûts il y a peu de différence. Voir Balla Diop, L’effet de la stratégie logicielle (ERP open source vs ERP commercial) sur le développement du capital humain des PME, Thèse de doctorat dirigée par D. Pascot, Université Laval, 2015. 

Ce billet de Daniel Pascot a initialement paru dans Framablog sous le titre : Le chemin vers une informatique éthique. Daniel Pascot est membre du Conseil d’administration de l’Adte.